Medal of Honor : Airborne
date de Sortie : 6 Décembre 2007
Multijoueurs : oui / en ecran partagé :Non
Développeur : Electronic Arts
Type : Guerre
Classification : Déconseillé aux - de 18 ans / Niveau de contrôle parental : 7Difficile
de renouveler un genre aussi exploité que le FPS ambiance Seconde
Guerre Mondiale, mais EA tente sa chance en se focalisant sur un corps
d’armée bien spécifique : les parachutistes. L’idée est simple :
pouvoir se poser n’importe où sur le terrain d’opération, au sol comme
sur les toits et donc appréhender le niveau librement, à sa guise.
Néanmoins, pour pleinement exploiter cette approche intéressante, trois
éléments essentiels doivent être réunis : liberté de mouvement,
réactivité des ennemis et surtout cohérence du champ de bataille. Or
Airborne échoue sur les trois tableaux… plus ou moins.
Réformé P4
Chaque
niveau (et reprise après une mort) débute par un saut en parachute que
l’on peut en effet diriger pour se poser à l’endroit désiré. Si
l’instinct de survie proscrit certaines zones infestées d’ennemis,
c’est par contre un mur invisible qui bloque l’accès aérien à certains
lieux. Frustrant. Il faut dire que les vastes cartes proposent toutes
(ou presque) un design similaire : un large hub central où vous
disposez en effet d’une relative liberté de déplacement (il y a tout de
même beaucoup de "portes closes") et des goulots d’étranglement menant
à vos objectifs.
Lors de ces passages piétons obligatoires,
l’expérience redevient linéaire et classique. Dommage que les
développeurs n’aient pas poussé leur idée jusqu’au bout.
Dans
les deux cas, le comportement des alliés comme des ennemis ne se montre
pas spécialement convaincant. On remarque bien certaines "routines"
basiques (se planquer derrière les obstacles, lancer des grenades,
contourner) mais la plupart du temps, la confusion règne. Obligée de
tenir compte à la fois de vos agissements imprévus (surtout dans les
zones ouvertes) et du comportement "scripté" des alliés, l’IA s’emmêle
les pinceaux : les allemands vous croisent sans broncher puis se
retournent 3 mètres plus loin pour réagir ("euh, on est pas censé le
tuer lui ?"), se cachent subtilement à 30 cm de vous ("chuis sûr qu’il
m’a pas vu !") ou chargent bêtement au corps à corps un groupe de 4
américains (qui ne vous sont d’ailleurs pas d’une grande aide).
Parachute de secours
Mais
vos plus grosses frustrations proviendront sûrement du manque de
cohérence du champ de bataille. Dans certaines zones, le nombre de
soldats est limité mais dans d’autres, il en apparaît constamment
jusqu’à ce que vous franchissiez un point précis. Les objectifs situés
aux quatre coins de la carte vous obligent à multiplier les
allers-retours et parfois, des zones nettoyées sont miraculeusement
repeuplées (vive les tirs dans le dos).
Cela se produit aussi à
l’occasion de morts : les cibles détruites le restent, mais les
allemands reviennent et vos nullos de soldats perdent le terrain
laborieusement gagné. Ou pas. C’est aléatoire, donc énervant.
Alors
Airborne se crashe-t-il au sol tel un Babybel jeté du haut de la tour
Eiffel ? En fait, non. S’appuyant sur une réalisation solide, une
ambiance particulièrement immersive, une action plutôt explosive et
quelques éléments sympas (comme le gain d’expérience dans la maîtrise
des armes), le jeu limite la casse. Reste que la visée approximative et
surtout la durée de vie très limitée (seulement 6 missions) cantonnent
Airborne aux seconds rôles. Simplement un Medal of Honor de plus.
Intérêt :
Airborne
est un concept original qui, par maladresse et timidité, demeure
inexploité. Au-delà des parachutages, on retombe dans la routine de
MOH. De l’action immersive, mais classique, basique, courte, et parfois
frustrante. De quoi amuser les fans, mais pas renouveler la série.
Graphisme :
Le
jeu s’avère plutôt joli, surtout si l’on considère la vaste taille des
niveaux (le dernier étant assez spectaculaire). Les textures sont fines
et les explosions réussies, mais le design réaliste verse forcément
dans le déjà-vu.
Son :
Toujours l’un des points
forts de la série avec des voix françaises de qualité, des bruitages
qui pètent et des musiques martiales, certes classiques, mais adaptées.
Jouabilité :
La prise en main est simple,
efficace, mais entre l’impossibilité de s’allonger, la visée imprécise,
l’IA lente à la détente, la réapparition aléatoire d’adversaire et
l’action basique, cela reste très moyen. L’utilisation du SIXAXIS en
parachute est accessoire.
Durée de vie :
Les 6
missions vous prendront environ 6 heures, et quoi qu’en dise EA, il n’y
a pas spécialement d’intérêt à rejouer les niveaux. Reste le multi, qui
risque de ne pas être très peuplé vu les concurrents qui ont débarqué
Note globale : 13/20